Nominatif (nom masculin, adjectif)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

I.
XII e siècle. Emprunté du latin tardif nominativus, de même sens. Dans les langues possédant une déclinaison, cas servant à marquer le sujet ainsi que l'attribut du sujet, et qui sert de référence quand on utilise le terme hors de tout contexte grammatical. Le d'un nom, d'un adjectif, d'un pronom. Ce mot est au .


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 


Grammaire
Cas qui sert à exprimer le sujet, dans les langues qui ont des déclinaisons. "Le d'un nom, d'un adjectif, d'un pronom. Ce mot est au nominatif."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Adjectif 

Qui dénomme, qui contient des noms. "L'état des employés d'un Ministère. La liste nominative des jurés."
En termes de Finance, "Titre ," Titre de valeur mobilière sur lequel le nom du propriétaire est inscrit.



Dictionnaire d'Emile Littré

Adjectif 



 1   Qui dénomme, qui contient des noms. État des employés d'un ministère.
    Titre , action nominative, titre ou action qui porte le nom du propriétaire, par opposition aux titres ou actions au porteur.

 2   S. m. Terme de grammaire. Dans les langues qui ont des cas, le cas qui ne peut être employé que comme sujet du verbe, et qui, en quelque sorte, dénomme la proposition.
D'ALEMB.: « Telle est, ce me semble, la raison métaphysique pour laquelle, la construction et la syntaxe des langues étant supposées, le doit être placé avant le verbe, et le verbe avant son régime ; les mots doivent être placés dans un tel ordre, qu'en finissant la phrase où l'on voudra, elle présente autant qu'il est possible un sens ou du moins une idée complète qui n'en suppose point nécessairement d'autre »

 3   Par extension, le sujet de la phrase, dans les langues qui n'ont pas de cas, comme le français.
D'OLIVET: « Quand un verbe a deux s, doit-il toujours être mis au pluriel ? »

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Bat. des 7 arts: Et genres et s

ÉTYMOLOGIE
    Lat. nominativus, de nominare, nommer.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


T. de Gram. Le nom tel qu'il est avant d'être décliné, dans les langues qui ont des cas. "Le d'un nom, d'un adjectif, d'un pronom. Ce mot est au . Chercher le de la phrase."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



lorsqu'il s'agit de notre langue, signifie, Le mot qui, dans l'ordre direct, précède le verbe, et qu'on appelle en logique Le sujet de la proposition; parce que, dans les langues qui ont des cas, ce mot est toujours au . Dans cette phrase, "Le père aime le fils," c'est "le père" qui est le ; et dans cette autre, "Le fils aime le père," c'est "le fils" qui est le .



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Adjectif 


Qui dénomme, qui contient des noms. "L'état des employés d'un ministère. La liste nominative des jurés."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Terme de Grammaire. C'est le nom tel qu'il est, avant que d'être décliné dans les Langues qui ont des cas. Il se dit également Du substantif et de l'adjectif. En notre Langue, il se dit Du nom qui, dans l'ordre naturel, précède le verbe, ce qu'on appelle en Logique le sujet de la proposition. Dans cette phrase, "Le père aime le fils," C'est "le père" qui est le ; et dans cette autre, "Le fils aime le père," C'est "le fils" qui est le nominatif.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Terme de Grammaire. C'est le nom tel qu'il est, avant que d'être décliné dans les Langues qui ont des cas. Il se dit également du substantif & de l'adjectif. En notre Langue, il se dit du nom qui précède le verbe; ce qu'on appelle en Logique le sujet de la proposition. Dans cette phrase, "Le père aime le fils," C'est "le père" qui est le ; & dans cette autre, "Le fils aime le père," C'est "le fils" qui est le .



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

Le "sujet" de la phrâse; le nom ou le pronom auquel se raporte l'action ou l'état exprimé par le verbe. "Sujet" a raport à la phrâse et "nominatif" au verbe. On dit, "le sujet de" la phrâse et "le du" verbe. Quand je dis":" "Nous devons" aimer Dieu de tout notre coeur. "Nous" est "le sujet de" cette phrâse et "le du" verbe "devons". = I. Le "nominatif" doit comunément précéder le verbe: mais on s'en dispense, 1°. Dans le discours narratif. 'Sur cela "parut" le Prince, pour le Prince "parut". 2°. Après le pronom "que" suivi d'un verbe: les lettres "que" m'aporta "mon frère" est aussi bien que s'il y avait, "que mon frère" m'aporta. Voy. plus bâs, n°. 8°. 3°. Dans les phrâses interrogatives les pronoms s se mettent aussi aprês le verbe. 'Que dis-"je"? que fais-"tu"? que veut-"il"? Voy. plus bâs, n°. 7°. 4°. Après "ainsi", le verbe précéde élégamment le . 'Ainsi "devoient" disparoître et s'éfacer peu à peu "les restes" de la première institution. "Boss." 'Ainsi "parla ce" sage "Prince", etc. Cette transposition ne ferait pourtant pas bien avec toute sorte de verbes. = Un Auteur moderne fait aussi cette transposition aprês "plus" redoublé. '"Plus" les houpes sont déliées et serrées, "plus augmente la délicatesse" du tact. "Du Plaisir". L'Usage n'admet pas cette construction. = Elle est mieux placée aprês "là", adverbe: 'Là "avoient droit" d'être jugés tous "les Magistrats" immédiats. "Moreau;" aprês "alors:" '"Alors commençoit" donc cette lutte terrible de la puissance armée contre la liberté, qui ne l'étoit pas. "Id."; aprês "tel", començant la phrâse. '"Tel étoit" son avis.
- 5°. Les pronoms personels s suivent le verbe, quand la phrâse comence par "ainsi", "au moins", "à peine", "en vain", "peut-être": 'Il est apliqué aux devoirs de son état: "aussi" est-"il" estimé de tout le monde: '"Au moins" devez-"vous" en doner la moitié: '"À~ peine" daigna-t'"il" nous honorer d'un regard. '"En vain" me priez-"vous" de ce que l'honeur me défend de faire: '"Peut-être" vous écrirai-"je" de Paris. '"Peut-être" sera-"ce" demain.
- 6°. Après un subjonctif, qui marque un souhait, ou, qui est mis pour "quand même", le verbe précède le :
   "Puissent" vos "jours" sereins ignorer la tristesse!
Est mieux que de dire: que "vos jours" sereins puissent, etc.
   J'ai pour la vanité des mépris furieux;
   "Fut-elle" dans l'esprit des Dieux.
"Fut-elle"; c. à. d. "quand même elle seroit".
- 7°. Dans les phrâses interrogatives, le verbe précède le pronom .
   "Peut-on" des cieux voir la magnificence,
   Et s'endurcir à ne pas croire en Dieu?
'"Pouvez-vous" soutenir si hardiment une pareille faûsseté?
- Mais, quand ce pronom est précédé d'un substantif, qui désigne la même chôse; ce substantif se place ordinairement devant le verbe: '"L'homme" aura-t'"il" toujours plus de soin d'orner son corps que de former son esprit et son coeur?
- Depuis quelque tems, on met le pronom devant et le substantif aprês: '"Aura-t'il" toujours tant de soin d'orner un corps mortel, "l'Homme", dont l'âme est immortelle?
- 8°. Le "nominatif" se met élégamment aprês le verbe, quand il doit être suivi de plusieurs mots, qui en dépendent. 'Nous écoutons avec docilité les conseils "que" nous, "donent ceux" qui savent "flater" nos passions. "La R. F." Cette remarque est de M. "de Wailli", et l'exemple qu' il cite la justifie. Mais il me semble que c'est moins à cause des mots qui dépendent du qu'à cause du pronom relatif "que", qui le précède, que ce se met aprês le verbe. Car on dit fort bien, par exemple: 'Nous devons écouter, avec docilité, les conseils "que" nous "donent nos amis", quoiqu'il n'y ait aucun mot après le "amis". Il en est de même des autres relatifs, comme "dont", "où" etc. 'Les égards "dont" nous "préviènent nos parens": le lieu "où se vend cette denrée", etc. = L'exemple suivant est mieux choisi, pour justifier la remarque de M. "de Wailli". 'Là "coulent" des ruisseaux qui distribuent par-tout une eau claire. Cette phrâse, et aûtres semblables, seraient insuportables, si le y était placé devant le verbe. Voy. VERBE, n°. 2°.
- 9°. Dans un discours animé, pour doner de la vivacité au style, on met aussi le aprês le verbe. 'Déja, pour l'honeur de la France, "étoit entré" dans l'administration des afaires, un "homme" plus grand par son esprit... que par ses dignités. "Fléchier". = L'oreille et le goût doivent guider l'Écrivain dans cette construction.
   II. Aûtrefois les Poètes, dans les verbes passifs, plaçaient le "nominatif" entre le verbe auxiliaire "être" et le participe.
   Sur qui "sera" d'abord "sa vengeance exercée"?
       Esther.
  Quand "sera le voïle arraché?" etc.
Aujourd'hui nos Poètes n'ôsent plus employer ces transpositions, qui cependant ne peuvent que faire un bon éfet... Il serait à souhaiter que, du moins en ce qui regarde l'arrangement des mots, notre Poésie fût atentive à maintenir ses privilèges. Elle en a perdu quelques-uns depuis moins d'un siècle, puisqu' autrefois on se permettait l'inversion du participe, non-seulement avec l'auxiliaire "être", mais encôre avec l'auxiliaire "avoir".
   O Dieu! dont les bontés, de nos larmes touchées,
   "Ont", aux vaines fureurs, les armes "arrachées".
Pour dire, "ont arraché" les armes. Cette inversion était d'une grande comodité pour la rime, parce qu'elle rend le participe déclinable. L'Historien de l'Académie (Pellisson) nous aprend qu'elle ne censura nullement cette transposition dans l' examen qu'elle fit des Stances de "Malherbe", qui commencent par les deux vers qu'on vient de citer. "D'Olivet".
   III. On répète quelquefois le "nominatif", pour doner plus de nombre à la phrâse, ou pour la rendre plus claire. '"Les honeurs" du triomphe lui furent acordés; "honeurs" dont persone n'avait encôre joui avant lui. '"Le moment" de son trépas arrivé; "moment" heureux pour lui et funeste pour nous. "Wailly". = On peut dire en ces ocasions, que ce "nominatif" est employé la seconde fois en quelque sorte adjectivement.
   IV. Plusieurs "nominatifs" d'un même verbe demandent que le verbe soit au pluriel: '"Lui et nous sommes" d'acord. Au reste, le verbe, qui a ainsi deux ou plusieurs "nominatifs" doit s'acorder avec la pers. la plus noble. Or, la 1re est censée plus noble que la seconde, et celle-ci plus que la troisième. Ainsi l'on dit: "vous et moi sommes" d'acord, et non pas "êtes d'acord": "vous et lui savez" la chôse, et non pas "savent", etc.
- De plus, la persone qui parle se nomme toujours la dernière en Français, et on nome toujours la première celle à qui l'on parle. '"Vous" et "moi", et non pas "moi" et "vous"; "vous" et "lui", et non pas "lui" et "vous", etc.
- 1°. Si plusieurs "nominatifs" d'un même verbe sont liés par une autre conjonction que "et", le verbe doit être mis plutôt au singulier qu'au pluriel. 'Gassendi, "aussi bien que" Descartes, "a réformé" la Philosophie: "a réformé" est mieux que "ont réformé".
- 2°. S'il y a plusieurs "nominatifs" au singulier, "de même persone", liés par "ou", on met l'adjectif, le pronom et le verbe au singulier. 'La crainte "ou" l'impuissance les "empêcha" de remuer. "Bouh." On met le pluriel, quand les "nominatifs" sont "de diférentes persones": '"Ou" vous "ou" moi nous "irons". Acad. Wailli.
- 3°. Quand "ni" répété lie deux s, ou il n'y a qu'un des deux qui reçoive l'action, et alors on met le verbe au singulier: ce ne sera "ni" M. le Duc, "ni" M. le Comte, qui "sera nomé" Ambassadeur, et non pas, qui "seront només"; ou les deux substantifs "nominatifs" font ou reçoivent en même tems l'action, et alors il faut le pluriel. '"Ni" la douceur, "ni" la "force" n'y "peuvent" rien. "Acad." "Wailli". = 4°. Si les "nominatifs", liés par une conjonction, sont aprês le verbe, il peut être, ce semble, mis indiféremment au singulier ou au plur. 'Le Prince, "que demandoit" également le Sénat et le Peuple, ou "que demandoient".
- 5°. Si un des s est au pluriel, le verbe doit toujours y être. 'Le Prince, autant que "les Peuples" aspirent à la paix.
- 6°. Après "l'un et l'aûtre", et "ni l'un ni l'aûtre", Th. "Corneille" pensait que le singulier étoit préférable: "l'un et l'aûtre" le "veut", "ni l'un ni l'aûtre" ne "prétend". L'Ab. "Girard" et M. de "Wailli" aiment mieux le pluriel, "veulent", "prétendent". VAUGELAS était du sentiment qu'on mettait indiféremment le singul. ou le plur. = On peut apliquer à "ni l'un ni l'aûtre" la distinction établie ci-dessus (n°. 3°.) Pour "l'un et l'autre", ou il précède, et alors le singulier peut aller. '"L'un et l'aûtre" me "l'a promis"; ou il est après le verbe, et alors le pluriel est indispensable: 'Ils "ont pu l'un et l' aûtre" se tromper; mais ils ne "se sont trompés ni l' un ni l'autre". Cet usage est fondé en raison; car "l'un et l'aûtre", et "ni l'un ni l'aûtre" ne peuvent être après le verbe sans être précédés de "ils", "elles", "vous", "nous", etc. qui sont au pluriel.
- 7°. Si le dernier est précédé de "mais" ou de "tout", le verbe sera du même nombre que ce . 'Non seulement ses richesses, "mais" aussi son repôs "fut" sacrifié. 'Mes biens, mes avantages et "tout" mon repôs "fut" sacrifié, et non pas "furent". "Buf." M. "de Wailly" pense que si au lieu de "mais" on mettait "et", on devrait mettre le pluriel. 'Toutes ses richesses "et" tout son repos "furent" sacrifiés. Le P. Bufier est d'un aûtre sentiment, comme on le voit par le 2d exemple. = Quand "tout" est employé substantivement aprês une énumération, il est encore plus nécessaire de mettre le verbe au singulier. M. de "Vailli" reprend le Père "Berruyer" d'avoir dit: "les" reptiles, "les" oiseaux, "les" bêtes de la campagne, "les" animaux domestiques, "tout" ce qui respiroit sur la terre et dans les airs "périrent" sans exception. il fallait, "périt".
- "Rien" a le même usage. 'Jeux, conversations, spectacles, "rien" ne la tira de sa solitude. "Fléchier".
   V. On ne doit point changer de persones (servant de ) dans une~ même phrâse. 'Une des chôses que je comprends le moins, c'est la licence qu'"on se done" de censurer dans les autres les mêmes défauts où "nous tombons" nous-mêmes. L'Auteur (M. "de Bellegarde") ayant employé "on" dans le premier membre, devait l'employer aussi dans le second, et dire: où "l'on tombe soi-même"; ou bien, mettre "nous" dans les deux membres: la licence que "nous nous donons", etc. Les défauts où "nous tombons", etc.
   VI. Une faûte qu'on fait quelquefois sans s'en apercevoir, c'est d'employer le verbe sans , comme: '"En quoi" Ignace réussit le plus, "fut" de réformer les moeurs des Éclésiastiques. "Fut" est ici sans : "En quoi" ne peut pas l'être. Il faut: "la chôse en quoi fut", etc. ou bien, "en quoi" il réussit, "ce fut", etc.~ "Wailly".
- 1°. Mais plusieurs "nominatifs" sans verbe, font quelque-fois une beauté, quoique contraires en aparence aux règles de la Gramaire. Dans "Andromaque", Hermione dit à sa Confidente, en parlant de Pyrrhus.
   "Ma famille" vengée, et "les Grecs" dans la joie,
   "Nos vaisseaux" tout chargés des dépouilles de Troie.
   "Les exploits" de son père effacés par les siens;
   "Ses feux", que je croyois plus ardens que les miens":"
   "Mon coeur", "toi-même" enfin de ma gloire éblouie,
   Avant qu'il me trahit, vous m'avez tous trahie.
Une construction exacte n'aurait pas cette beauté. Ce style est celui de la passion, et la passion ne consulte pas la syntaxe. "L. Racine". = Mde. "de Sévigné", écrivant à sa fille, après le départ de celle-ci, lui dit: 'Ne blâmez point, mon enfant, ce que je sentis en rentrant chez moi. Quelle diférence! Quelle solitude! Quelle tristesse! Votre "chambre", votre "cabinet", votre "portrait"; ne plus "trouver" cette aimable persone! M. de Grignan comprend bien ce que je veux dire, et ce que je sentis.
- Voilà encôre des s sans verbes: mais la vîve éloquence se met au-dessus des règles et de l'usage. = Le P. "De Neuville" fournit un aûtre exemple de plusieurs phrâses de suite où le sujet principal n'a point de verbe qui s'y raporte. 'Vous vous autorisez de certaines situations délicates, où l'on se trouve quelquefois dans le monde, partagé entre Dieu et César, entre la conscience et la fortune, entre ce qu'on doit et ce qu'on aime. Mais "la mère" des Machabées, conduite à l'autel, pour y renoncer à son Dieu, ou sacrifier ses enfans; mais "Joseph", qui ne peut se refuser au crime, sans pâsser pour criminel; mais "Moïse", placé entre les délices de l'Égipte et les oprobres d' Israël; mais "Susanne", dans la nécessité de vivre coupable ou de périr inoncente: vous trouvez-vous dans des conjonctûres plus critiques?
- Pour parler régulièrement, il aurait falu dire: "Joseph", "Moïse", "Susanne", etc. "ne se trouvèrent-"ils pas dans des conjonctûres aussi critiques? Mais le tour qu'à employé "Neuville", quoique irrégulier, est préférable, parce qu'il est plus vif et plus éloquent.
- Ce grand Orateur dit encôre dans son sermon pour la Fête de "Tous les Sains": 'Je dis des Saints, qui sont Saints pour avoir rempli les devoirs de leur condition dans le monde. "Des amis" perfides; "des sujets" rebelles; des "maîtres" durs et hautains; "des pères" indolens et dissipateurs; "des enfans" capricieux et indociles; "des Magistrats" foibles et inapliqués; "des génies" inquiets et turbulens, des "âmes" molles et énemies du travail. Ah! vous le voyez, ce n'est point pour des noms, si justement flétris dans le monde, pour des noms funestes à la paix et au bonheur du monde que l'encens fume dans nos sanctuaires. = Citons encôre une fois Mde "de Sévigné". 'En un moment, j'ai changé d'avis... Ainsi, ma Fille, "coffres" qu'on raporte; "mulets" qu'on dételle; "filles" et "laquais" qui se sèchent, pour avoir seulement traversé la cour, et "messager", qu'on vous envoie.
- 2°. Dans les constructions ordinaires même, on emploie des "nominatifs" sans verbe.
- Avec "tout": '"Capitaines", "Pilotes", "tout" le monde conclut que cet air pernicieux régnoit continuellement dans ces mers. "Hist. des Voy." '"Atention", "promptitude", "sécurité", "tout" a été le fruit de cette institution. "Necker". Devant "chacun": '"Centurions" et "soldats", "chacun" murmuroit, etc. "Révol. Rom."
- Devant "voilà": '"Liaisons" mondaines; "amitiés" trop naturelles; "complaisances" molles et faciles, etc. '"Voilà" ce qui, dans tous les tems a perdu les âmes, d'âilleurs les plus droites, etc. "Neuville".
- Devant "cela": 'Humeur trop délicate et trop sensible. Une "inatention", une "faûte" légère, une "parole" peu mesurée, une "bagatelle", un "rien": "Cela" sufit pour faire une blessûre profonde, qui ne se fermera point. "Id."
- Aprês "de là": '"De là" les "clameurs" dont retentit le Bârreau; les "invectives"; les "plaintes"; le "bruit", le "tumulte" qui troublent le repôs, l'union des familles. "Id."
- On sous-entend le verbe: "de là naissent", etc.
- Aprês "combien": '"Combien d'hommes" adroits à contrefaire la probité... "Combien de pêcheurs", fameux par l'excès de leurs égaremens... Combien de vertus simulées, etc. "Id."
- Avec "point": 'Point "d'homme" assez instruit pour savoir tout: "point d'homme" assez naïf, pour ne dissimuler rien: "point d'esprit", si pénétrant, qu'il n'y ait encôre des mystères qu'il ne perce point: "point de coeur" si ouvert qu'il ne recèle encôre dans ses profondeurs des détours où le jour n'entre point. "Id." On sous-entend, "il n'y a".
- Avec "nul", le s'emploie aussi sans verbe: '"Nul homme", quelque entêté qu'il soit de son mérite, "qui" n'aimât mieux être entièrement ignoré, que d'être parfaitement conu. "Id." On sous-entend aussi, "il n'y a". 'On sait en quel état étoit alors cette ville... "Nul repôs", "nulle espérance" de paix et de tranquillité: "la république" renversée et presque anéantie; "les Nations" barbâres déchaînées contre elle: l'empire Romain en proie à ses énemis. "Saci".
- 3°. Les substantifs, employés adjectivement, s'emploient aussi sans verbe. M. "Saci" dit de "Pline le Jeune": 'De retour à Rome, il reprit ses afaire, ses emplois; "Juge", quand les lois l'y engageoient, "Avocat", quand l'intérêt public, le besoin de ses amis, ou l'honeur le demandoient.
- 4°. Il y a encôre des "nominatifs", qui paraissent sans verbe: ce sont des mots de la phrâse précédente, qu'on répète dans la phrâse suivante; mais ils tiènent au régime de la phrâse qui précède: 'Les "distinctions" de gloire et d'honeur vous quitent: elles pâssent à mes saints: d' autres "distinctions" vous sont réservées. "Distinctions", prééminences de gloire et d'honeur pour les vertus les plus humiliées; "distinctions", prééminences d'oprobre et d'ignominie pour cet orgueil, qui fut l'auteur de leurs humiliations. "Neuville", Jugement Univ.
- 5°. Enfin, c'est encôre un tour d'éloquence d'employer plusieurs "nominatifs" avec un seul verbe, placé au premier membre de la période. 'Tout s'empoisone entre les mains de cette funeste passion (la jalousie) "la piété" la plus avérée "n'est plus" qu'"une" hypocrisie mieux conduite; la "valeur" la plus éclatante, "une" pure ostentation; la "réputation" la mieux établie, "une" erreur publique; le "zèle" pour la Patrie, "un" art de se faire valoir et de se rendre nécessaire, etc. "Massillon".
- Le verbe "est", sert pour tous ces "nominatifs". Si on le répétait à chaque membre de la phrâse, le style en deviendrait~ lourd et languissant.
   VII. Quand un de la 3e persone est à la tête de la phrâse, et que le verbe en est fort éloigné, plusieurs mettent le pronom personel "il" ou "elle" devant ce verbe, qui se trouve alors avoir deux "nominatifs". C'est une faûte qu'on ne pardone pas même aux Poètes. On l'a reprise dans "Boileau".
   "Qui" sait bien ce que c'est qu'un prodigue, un avare,
   Un honête homme, un fat, un jaloux, un bizarre,
   Sur une scène heureûse "il" peut les étaler.
       "Art Poét."
Et Satire X.
  Encore, est-ce beaucoup, si "ce guide" imposteur,
  Par les chemins fleuris d'un charmant quiétisme,
  Tout-à-coup l'amenant au vrai molinosisme,
  "Il" ne lui fait bientôt, etc.
"Molière" a fait la même faûte:
  Iris charme mon âme;
  Et "qui" pour elle aura le moindre brin de flâme,
  "Il" s'en repentira.
   La faûte est plus grossière, quand le verbe n'est pas éloigné de son "nominatif". 'Votre "frère" le cadet, "il m'"a dit. Cette faûte est comune dans les Provinces méridionales. Le peuple y fait pis; car il met "il" après un "nominatif" féminin: votre "soeur" l'ainée "il" m'a envoyé ici. etc.
   VIII. Il y a dans nos Poètes Français, des exemples de phrâses isolées, composées de "nominatifs", qui ne se raportent à rien. "Boil." dans le "Lutrin", dit de Girot:
   La porte dans le Choeur à sa garde commise,
   "Valet" souple au logis, fier "huissier" à l'Eglise.
Pour que la phrâse fût construire régulièrement, il faudrait dire: '"Valet" souple au logis, fier "huissier" à l'Église; "il" gardoit la porte du Choeur. Alors on peut mettre "il" après un substantif, qui est au "nominatif", parce que le véritable sujet de la phrâse est "il", et que "valet" et "huissier", quoique substantifs, sont employés en cet endroit adjectivement. = "Crébillon" emploie le même tour.
   "Fils" de Deucalion, "petit-fils" de Minos,
   Vos vertus ont passé celles de ce Héros.
"Fils" et "petit-fils", dans cette phrâse, ne régissent rien, et n'ont raport à rien. = "Voltaire", dans "Brutus", fournit un aûtre exemple, mais sous un tour diférent, d'un "nominatif" en l'air, et que rien ne soutient.
   C'est agir en tyrans, "nous" qui les punissons.
Pour parler exactement, il faudrait dire: "nous agirions" en tyrans, "nous" qui les punissons; mais le tour employé par le Poète, quoique irrégulier; est plus fort et plus énergique, et je me garderais bien de le blâmer. = Ces s isolés sont selon l'usage dans les exclamations. "Malheur" imprévu! "Sort" déplorable! etc.




Emplacement dans le dictionnaire :

nome
nôme
nomenclateur
nomenclature
nomenklatura
nominal
nominalement
nominalisme
nominaliste

nomination
nominativement
nomines
nommé
nommément
nommer
non
non-activité
non-coaction
non-combattant
non-comparant




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean-Anthelme BRILLAT-SAVARIN (Physiologie du goût ou Méditations de gastronomie transcendante)

...les mets se détaillent en portions à prix fixe, sur la demande des consommateurs. L'établissement se nomme restaurant ; celui qui le dirige est le restaurateur. on appelle simplement carte l'état nominatif des mets, avec l'indication du prix, et carte à payer la note de la quantité des mets fournis et de leur prix. Parmi ceux qui accourent en foule chez les restaurateurs, il en est peu qui se doutent...


Citation n°2 de DESTUTT DE TRACY (Élémens d'idéologie. 2. Grammaire)

...et souvent, en changeant de cas et de personne. Dans cette phrase, moi que vous aimez, je vous le rends, moi que vous aimez revient à ceci, moi que le moi vous aimez. le premier moi est au nominatif, et marque la première personne ; et le second est à l'accusatif, et est regardé comme étant un être dont on parle, par conséquent à la troisième personne. D'où il arrive que qui se conforme en...


Citation n°3 de DESTUTT DE TRACY (Élémens d'idéologie. 2. Grammaire)

...la langue hébraïque, et, je crois, la langue suédoise, dans lesquelles il les marque. Il n'a pas besoin de marquer les cas, car il est de sa nature de n'avoir jamais à s'accorder qu'avec des noms au nominatif. Aussi ne les marque-t-il jamais. En revanche, il doit marquer les personnes ; et c'est une fonction qui lui est exclusivement réservée. Aussi la remplit-il dans toutes les langues. Je crois même,...


Citation n°4 de *Sans mention d'auteur (Voyage de La Pérouse autour du monde)

...jusqu'au retour des bâtimens envoyés à sa recherche, et que ses appointemens continueront à être payés à sa femme, suivant la disposition qu'il en avait faite avant son départ. éTAT GéNéRAL ET NOMINATIF T 1 des officiers, savans, artistes et marins, embarqués sur les frégates la Boussole et l'Astrolabe, aux ordres de M De La Pérouse. juillet 1785. La Boussole. Mm De La Pérouse......


Citation n°5 de Joseph de MAISTRE (Les Soirées de Saint-Pétersbourg ou Entretiens sur le gouvernement temporel de la Providence)

...pas vu que les langues se sont formées insensiblement, et que chaque homme y a mis du sien. Voilà tout le mystère, messieurs : une génération a dit ba, et l'autre be ; les assyriens ont inventé le nominatif, et les mèdes le génitif : ... quis inepti tam patiens capitis, tam ferreus ut teneat se. mais je voudrois, avant de finir sur ce sujet, recommander à votre attention une observation qui m'a...


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